Découvrez l’écriture Mandombe, son enseignement à l’Université Simon Kimbangu, son importance pour les langues africaines et les perspectives qu’elle ouvre dans la recherche scientifique et le numérique.
L’écriture Mandombe constitue l’une des initiatives majeures de valorisation du patrimoine intellectuel et culturel africain. Mise au point en 1978 par Wabeladio Payi à Mbanza-Ngungu, dans la province du Kongo-Central en République démocratique du Congo, cette écriture est aujourd’hui enseignée et étudiée dans différents milieux éducatifs, notamment au sein d’établissements kimbanguistes.
À l’Université Simon Kimbangu (USK), son enseignement participe à une démarche qui dépasse la seule dimension linguistique. Le Mandombe est également présenté comme un instrument susceptible d’accompagner la recherche, la transmission des connaissances et l’exploration de nouvelles applications scientifiques et technologiques.
Un système d’écriture au service des langues
L’une des particularités essentielles du Mandombe réside dans le fait qu’il ne constitue pas une langue en lui-même. Il s’agit plutôt d'un système d’écriture pouvant servir de support à différentes langues.
Cette distinction est notamment mise en avant par Simon Malueki Matuasilua, Chef de Travaux à l’Université Simon Kimbangu et Secrétaire général du Centre de l’Écriture Mandombe.
Le Mandombe peut ainsi être utilisé pour transcrire différentes langues, notamment le lingala, le kikongo, le swahili et le tshiluba. Cette capacité lui confère un intérêt particulier dans le contexte africain, où coexistent de nombreuses langues nationales et locales.
Une dimension scientifique et académique
Au-delà de son utilisation comme moyen de communication écrite, les travaux autour du Mandombe explorent également ses possibilités dans plusieurs domaines de connaissance.
Selon les explications données par Simon Malueki Matuasilua lors d'une interview consacrée à cette écriture, les recherches menées autour du Mandombe s'intéressent notamment à ses relations potentielles avec les mathématiques, la mécanique, la statique, la biochimie, les sciences mathématiques et physiques ainsi que l’informatique.
Cette orientation ouvre ainsi un champ de réflexion plus large : celui de la contribution des systèmes de pensée et d’écriture africains à la production scientifique contemporaine.
Pour l’Université Simon Kimbangu, cette perspective rejoint une ambition fondamentale de l’enseignement supérieur : préserver les connaissances, encourager la recherche et favoriser l’innovation au service de la société.
Le Mandombe dans l’enseignement
L’Université Simon Kimbangu figure parmi les institutions où l’écriture Mandombe est enseignée.
Sa présence dans le milieu universitaire contribue non seulement à sa transmission auprès des nouvelles générations, mais également à l’approfondissement des travaux scientifiques susceptibles d'enrichir sa compréhension et ses usages.
Au-delà de l'USK, des initiatives liées à l’enseignement et à la diffusion du Mandombe ont également été signalées dans différentes provinces de la République démocratique du Congo ainsi qu’auprès de communautés établies à l’étranger.
Cette diffusion témoigne d'un intérêt pour la préservation et la promotion d'un patrimoine intellectuel né en RDC.
Du manuscrit au numérique : le Mandombe à l’ère technologique
L’évolution du Mandombe ne se limite plus aux supports traditionnels.
Le développement d’outils numériques constitue désormais une nouvelle étape dans son appropriation. Parmi les initiatives évoquées figure notamment Konde, une application mobile conçue pour faciliter l’utilisation de l’écriture Mandombe sur téléphone.
Cette évolution vers le numérique représente un enjeu important. Elle permet d’envisager une utilisation plus accessible du Mandombe par les nouvelles générations tout en ouvrant des perspectives dans les domaines de l’informatique, de la communication numérique, de l’éducation et de la conservation du patrimoine culturel.
Valoriser une innovation née en République démocratique du Congo
Née en RDC, l’écriture Mandombe représente également un sujet d’intérêt pour la recherche sur les savoirs africains et leur transmission.
À travers son enseignement et les réflexions scientifiques qui l’accompagnent, l’Université Simon Kimbangu participe à la valorisation de cet héritage et à sa transmission dans l’espace académique.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans la devise de l’Université :
Science – Conscience – Vérité
En associant patrimoine, enseignement, recherche et innovation, le Mandombe illustre la possibilité de faire dialoguer les savoirs hérités du continent africain avec les outils scientifiques et technologiques contemporains.
Source d'information : article initialement publié par Raphael Kwazi sur Lemag.cd, consacré à un entretien avec Simon Malueki Matuasilua.
Adaptation et rédaction institutionnelle : Université Simon Kimbangu.